Épargne retraite tendances 2026 : ce qui change
Encours record, fiscalité durcie, actifs non cotés imposés : le décryptage des tendances 2026 de l'épargne retraite et du PER en France.

L’épargne retraite franchit en 2026 un seuil historique : 150,4 milliards d’euros d’encours sur le PER fin 2025, en hausse de 20 % sur un an. Trois forces redessinent le paysage cette année : fiscalité durcie par la loi de finances, arrivée imposée des actifs non cotés en gestion pilotée, afflux record de nouveaux épargnants.
Le Plan d’Épargne Retraite séduit désormais 12,9 millions de Français. Lancé en 2019, il a absorbé en six ans l’essentiel des anciens dispositifs Madelin, PERP et article 83. La dynamique 2026 confirme un basculement structurel des comportements d’épargne longue.
Pourquoi l’encours du PER atteint un niveau record
L’encours du PER a bondi de 46 % en deux ans. Cette accélération s’explique par trois moteurs concrets, observés sur le terrain par les gestionnaires d’actifs.
Le premier moteur reste la prise de conscience démographique. Le système par répartition affiche des projections de déficit, et les actifs anticipent une baisse de leur taux de remplacement. Préparer un complément individuel devient un réflexe, plus une option.
Deuxième moteur : la lisibilité du produit. Le PER unifie trois compartiments (individuel, collectif, obligatoire) sous des règles communes. Cette simplification a levé un frein psychologique majeur des anciens contrats retraite.
Troisième moteur : l’avantage fiscal à l’entrée. Chaque versement volontaire se déduit du revenu imposable, dans la limite des plafonds annuels. Un cadre imposé à 41 % récupère ainsi une part substantielle de son effort d’épargne dès l’année suivante.
| Compartiment PER | Encours fin 2025 | Évolution sur un an |
|---|---|---|
| PER individuel | 88,5 Md€ | +21 % |
| PER d’entreprise collectif | 33,86 Md€ | +22 % |
| PER obligatoire | 28,04 Md€ | +13 % |
Tendances 2026 : la fiscalité se resserre
La loi de finances 2026 marque un tournant. Le législateur recentre le PER sur sa vocation première, la préparation de la retraite, et rabote ses usages d’optimisation patrimoniale tardive.
Première mesure phare : la fin de la déductibilité après 70 ans. Depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués passé cet âge ne réduisent plus le revenu imposable. Le PER perd son attrait d’outil de transmission successorale de dernière minute.
Deuxième changement favorable, lui : le report des plafonds non utilisés s’étend de trois à cinq ans. Un épargnant qui n’a pas saturé son plafond annuel dispose désormais d’une fenêtre élargie pour rattraper ses droits.
La pression monte aussi côté prélèvements. Le PFU sur les plus-values du PER grimpe de 30 % à 31,4 %. Les prélèvements sociaux sur les revenus du capital passent de 17,2 % à 18,6 %, sous l’effet d’une hausse de 1,4 point de la CSG.
Les plafonds de déduction 2026 en détail
Le PASS, base de calcul des plafonds, atteint 48 060 euros au 1er janvier 2026, en hausse de 2 %. Cette revalorisation relève mécaniquement les capacités de déduction.
Un salarié peut déduire jusqu’à 37 680 euros de versements volontaires. Un travailleur indépendant monte à 88 911 euros, grâce à un calcul plus favorable adossé au bénéfice professionnel. Ces montants conditionnent toute stratégie d’optimisation sérieuse.
L’arbitrage devient plus technique qu’avant. Calibrer ses versements suppose de connaître son taux marginal d’imposition réel et son horizon de retrait. Beaucoup d’épargnants gagnent à faire valider leur plan par un courtier ou un conseiller : pour préparer un PER à Béziers, cette solution locale accompagne salariés, indépendants et fonctionnaires sur le calibrage des versements et les options de sortie.
La loi Industrie verte impose le non-coté
La nouveauté la plus structurante de 2026 vient de la loi Industrie verte. Elle force l’entrée des actifs non cotés dans les profils de gestion pilotée du PER, le mode de gestion par défaut de la grande majorité des contrats.
Le calendrier se précise. La règle s’applique aux PER collectifs à partir du 30 juin 2026, et la mise en conformité générale court jusqu’au 31 décembre 2026. Les assureurs et gestionnaires ajustent actuellement leurs grilles réglementaires.
L’objectif politique est assumé : flécher l’épargne longue des ménages vers les PME et ETI françaises, la réindustrialisation et la transition écologique. L’épargne retraite devient un levier de financement de l’économie réelle.
L’allocation varie selon le profil de risque et l’horizon. Un profil prudent voit sa part de non-coté plafonnée à 6 % à plus de vingt ans de la retraite, 4 % à quinze ans, 2 % à dix ans, et zéro à moins de cinq ans. Les profils dynamiques montent jusqu’à 15 %.
Le défi de la liquidité
Le non-coté pose une question concrète : la liquidité. Cette classe d’actifs reste bloquée entre cinq et dix ans dans des véhicules dédiés, par nature peu liquides.
Or le PER doit pouvoir absorber des déblocages anticipés. La loi autorise le retrait pour acquisition de la résidence principale, accident de la vie ou expiration des droits au chômage. Concilier ces sorties avec des actifs verrouillés crée une tension réelle.
La réponse technique du marché : les fonds dits « evergreen ». Ouverts à la souscription et au rachat permanents, ils investissent dans le non-coté tout en absorbant les mouvements d’épargnants au fil de l’eau. Ces véhicules deviennent la pierre angulaire des nouvelles grilles pilotées.
PER d’entreprise : la dynamique collective s’accélère
Le compartiment collectif tire fort la croissance 2026. Les PER d’entreprise pèsent 33,86 milliards d’euros, en hausse de 22 % sur un an, soit le rythme le plus élevé des trois compartiments.
Le moteur tient à l’abondement employeur. Chaque versement salarié peut être complété par l’entreprise, ce qui crée un rendement immédiat avant même toute performance de marché. Cet effet de levier reste le meilleur argument du dispositif collectif.
La loi Industrie verte frappe d’abord ce segment. Les PER collectifs basculent vers le non-coté dès le 30 juin 2026, avant les contrats individuels. Les directions financières et les comités sociaux révisent actuellement leurs grilles de gestion pour intégrer cette contrainte.
L’épargne salariale devient un argument RH. Dans un marché du travail tendu, un dispositif retraite généreux pèse sur l’attractivité employeur autant qu’une grille de salaire. Les entreprises l’utilisent désormais comme levier de fidélisation.
Le salarié garde la main au départ. Les droits acquis sur un PER collectif restent transférables vers un PER individuel en cas de changement d’employeur. Cette portabilité protège l’épargne accumulée et évite la dispersion des contrats.
Capital ou rente : l’arbitrage de sortie évolue
Le moment de la liquidation reste un choix décisif. Le PER autorise trois modalités de sortie : capital, rente viagère, ou combinaison des deux. Aucune n’est universellement supérieure.
La sortie en capital offre une liberté d’usage totale. Elle convient à un projet identifié : achat immobilier, transmission, investissement. Le revers ? Une fiscalité concentrée sur une seule année, qui peut faire bondir la tranche marginale.
La rente viagère garantit un revenu lissé jusqu’au décès. Elle sécurise contre le risque de longévité, mais le capital n’est plus disponible et le rendement dépend des tables actuarielles du moment.
Avec un PFU passé à 31,4 % en 2026, l’optimisation de la sortie pèse plus lourd qu’avant. Étaler ses retraits sur plusieurs exercices fiscaux limite la pression. Cette ingénierie justifie souvent l’accompagnement d’un professionnel avant la liquidation.
Comment se positionner sur l’épargne retraite en 2026
Trois réflexes structurent une approche cohérente face aux tendances 2026.
Premier réflexe : caler ses versements sur son taux marginal. L’avantage fiscal du PER croît avec la tranche d’imposition. Un foyer faiblement imposé tire moins de valeur du dispositif et gagne parfois à privilégier d’autres enveloppes, comme un placement sécurisé à liquidité immédiate.
Deuxième réflexe : choisir un profil de gestion aligné sur son horizon. À vingt ans de la retraite, une exposition aux actions et au non-coté maximise le potentiel. À moins de cinq ans, la sécurisation prime. La gestion pilotée ajuste automatiquement ce curseur.
Troisième réflexe : anticiper la sortie dès l’entrée. Définir sa cible (capital, rente, mixte) oriente le choix du contrat, des supports et du rythme de versement. Un PER se pilote sur la durée, pas en réaction à la dernière réforme.
L’épargne retraite s’inscrit dans une stratégie patrimoniale globale. Elle se combine avec d’autres briques selon les objectifs. Un projet d’achat s’appuie davantage sur le suivi des taux du crédit immobilier en 2026, tandis qu’une épargne de précaution mobilise des supports liquides comme le rendement du Livret A et du LDDS. Le PER couvre le long terme, pas l’imprévu.
Le contexte macroéconomique pèse aussi sur l’arbitrage. La trajectoire du pouvoir d’achat des ménages en 2026 détermine la capacité réelle d’épargne des foyers. Quand le budget mensuel se tend, le versement programmé sur un PER reste l’arme la plus efficace : il automatise l’effort et lisse la discipline d’épargne sur l’année, sans décision répétée à prendre.
Reste l’arbitrage du support. Les unités de compte exposent au risque actions mais portent le rendement long terme. Le fonds en euros sécurise le capital au prix d’une performance limitée. La gestion pilotée tranche pour vous, en désensibilisant progressivement le portefeuille à l’approche de la retraite. Ce pilotage automatique explique son adoption par défaut sur la grande majorité des contrats ouverts en 2026.
Prochaine étape : recenser ses droits de déduction reportables sur cinq ans, estimer son taux marginal, et simuler l’impact d’un versement avant la clôture fiscale. Ce diagnostic conditionne chaque euro investi en 2026.
Sources
- Plan d’épargne retraite : l’encours franchit 150 milliards d’euros, Planète CSCA
- PER 2026 : fiscalité et nouveaux plafonds, Linxea
- Épargne retraite : les plafonds de déduction fiscale en 2026, AGIPI
- PER : la loi Industrie verte impose le non-coté dans la gestion pilotée, Obsidione
- Loi Industrie Verte : mise à jour des grilles de gestion pilotée, Eres Group